Georgie: effets pervers de la propagande anti russe décomplexée

Samedi dernier n’était pourtant pas le 1er avril. A Tbilissi ce week-end, la chaîne privée géorgienne Imedi (espoir) a fait la démonstration inédite et bien malgré elle  du dérapage qu’occasionne souvent la propagande dans ce pays, depuis sa guerre contre les Russes il y a deux ans. Croyant pourtant bien faire avec un exercice catastrophiste de simulation de l’annonce d’une nouvelle « invasion russe » dans le Caucase, son émission d’actualités du samedi soir a provoqué des réactions spontanées extrêmes dans tout le pays, et une vive émotion après coup.

Comment fait-on « bouh! » en russe?

« Les Russes envahissent à nouveau la Georgie, et le Président Saakachvili a été assassiné » voila ce que Imedi annonçait samedi, sur toute une série d’images de chars d’assault, de scènes de panique, etc. Le problème, c’est que la chaîne de télévision n’avait pas prévu les réelles scènes de chaos, non filmées cette fois-ci, que ce canular allait provoquer dans les rues. La population géorgienne, qui a connu la guerre avec les Russes « pour de vrai » il y a deux ans, a donc pris l’information très au sérieux, et des milliers de personnes se sont immédiatement ruées au siège de la chaîne pour demander des comptes. Pendant des heures samedi soir, les secours géorgiens ont reçu des centaines d’appels pour des malaises et des attaques cardiaques. Il serait intéressant de voir combien de morts cet « exercice » a causé, mis en rapport avec le nombre de victimes de la guerre réelle. Pour cette fois au moins, celles-ci ne relèvent en aucun cas de la responsibilité de Moscou.

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