Émeutes à la manif anti-Bajnai

marc-15Comme souvent en présence de la Magyar Garda, milice organisée du parti d’extrême-droite Jobbik, la manifestation qui s’opposait mardi à l’élection parlementaire de Gordon Bajnai Premier Ministre et qui revendiquait des élections nationales anticipées, a sombré dans la violence et les gaz lacrymogènes.

La police avait, comme d’habitude, fermé tous les accès à la place Kossuth Lajos dès le matin, mais les plus décidés des manifestants se sont tout de même frayé un passage à travers les barrières de sécurité l’après-midi, pour finalement en découdre avec la brigade anti-émeutes aux portes du ministère de l’Agriculture. Celui-ci n’était pas visé par hasard, puisque la « Garde Magyare » y avait lâché des douzaines d’oies auparavant, pour rappeler la faillite du groupe volailler Hajdú-Bét en 2003, alors filiale du consortium Wallis dirigé à l’époque par le même Gordon Bajnai, aujourd’hui à la tête du gouvernement pour un an. Cette faillite avait entraîné celle de centaines d’éleveurs d’oies dans tout le pays.

marc1113Récit classique d’une manif hongroise qui dégénère…

Cependant, les hostilités ne se sont pas arrêtées à de purs actes symboliques. Équipés de lunettes de skis et de foulards aux couleurs du drapeau Arpad, les plus féroces des mécontents incluaient la bagatelle d’environ 300 membres de la Garda. Assaillant continuellement la police par des jets d’objets en tous genres, celle-ci n’a pu que les repousser timidement que jusqu’à Bajcsy-Zsilinszky út sans pour autant réussir à les disperser. Une ambulance a été attaquée très courageusement au passage. A l’issue de ce début de soirée mouvementé, on ne pouvait compter que 12 arrestations seulement, ainsi que 15 policiers et 10 civils blessés.

L’action du Jobbik loin de faire l’unanimité.

Lorsque Gábor Vona, leader du Jobbik, a souhaité s’adresser aux 7000 personnes présentes peu avant 17h00, fin de la manifestation, les organisateurs l’en ont tout simplement empêcher. Mais c’était sans compter sur la tenacité du « Gábor », qui a forcé le passage sur scène pour s’adresser, plus modestement, à sa Magyar Garda. Beaucoup de manifestants lui ont alors tourné le dos pour s’en aller du côté du château de Buda, afin de remettre au Président László Sólyom leur pétition réclamant des élections législatives anticipées. A noter, la Radio et la TV nationales Hongroises, souvent taxées par les manifestants de n’être que l’organe de communication des gouvernements, ont pris la peine, lors de leurs journaux du soir, d’énoncer point par point les revendications énumérées dans leur pétition. Les organisateurs de la manifestation ont eux, de leur côté, annoncé qu’ils continueraient de protester publiquement jusqu’à ce que le Parlement soit dissout.

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