« Du passé de Trianon au futur de Schengen »

Le Parlement Européen de Bruxelles accueille une exposition d’artistes et de scientifiques hongrois, du XVIIIème siècle à nos jours, depuis  mardi. Cette expo n’est pas sans ignorer l’actualité historique, voire « mémorielle » pour certains, de nos amis Hongrois cette semaine, en s’intitulant : « Du passé de Trianon au futur de Schengen ». Dans les déclarations officielles de la cérémonie d’ouverture, on retiendra que la gente féminine au sein de la classe politique hongroise et slovaque – assez en froid en ce moment – sait baisser les armes de temps en temps, du moins à Bruxelles.

Selon une source anglophone slovaque, les institutions européennes – la Commission en tête – ne sauraient s’immiscer dans l’énième différend qui oppose Budapest à Bratislava, en l’occurence, la double citoyenneté votée par le Parlement hongrois la semaine dernière. La Commission n’aurait aucune prérogative en la matière. Cependant, pour tenter de calmer le jeu, le Parlement européen a décidé de « célébrer » Trianon à sa manière, c’est à dire en célébrant les Hongrois. Les artistes hongrois qui sont exposés au Parlement sont des «précurseurs de l’édifice actuel de l’Europe unifiée», a déclaré Joseph Daul, chef du groupe démocrate-chrétien-conservateur du Parti populaire européen (PPE) à la cérémonie.

Une eurodéputée hongroise et une eurodéputée slovaque pour un consensus de circonstances

Kinga Gal, eurodéputée FIDESz, parti de droite au pouvoir en Hongrie qui a également organisé cet événement, a avancé qu’ « à travers le nouveau prisme européen, on peut voir le patrimoine de Trianon différemment ». « Les nouvelles perspectives ouvertes par les accords de Schengen, pourraient non seulement constituer des ressources nationales importantes en Hongrie, mais aussi contribuer à résoudre le problème Trianon » a t-elle ajouté.

Lors de cette cérémonie, la parole a aussi été donnée « symboliquement » à l’eurodéputée slovaque, Edit Bauer, dont la ville natale, Samorin, a été annexée par cinq pays différents au cours des 100 dernières années, en raison des modifications du tracé des frontières. « L’avenir de l’Europe repose sur les efforts visant à préserver les valeurs communes et à construire une Union fondée sur la confiance et le respect mutuels », a t-elle tenu à préciser. Cette déclaration n’a sans doute froissé personne.

Le 4 juin à Budapest, loin, très loin de Bruxelles

Le traité dit « de paix » Trianon, signé le 4 juin 1920, avait privé la Hongrie des deux tiers de son territoire et d’environ 60% de sa population à l’époque, dont plus de 3 millions de Hongrois, aujourd’hui dits « ethniques ». Demain, date anniversaire du traité encore très controversé dans l’Histoire de la Hongrie, on se sentira sans doute très loin de Bruxelles. Certains vieillards revanchards, mais aussi de nombreux jeunes aux crânes rasés, viendront à Budapest faire la démonstration (vraisemblablement sur Hösök tere) qu’ils ont encore Trianon en travers de la gorge.

6 Commentaire

  1. Just a hungarian a dit :

    Je pense que vous êtes un manque de respect. Non seulement la tête rasée sont là, mais une gamme très large de personnes. Nous n’allons pas vivre en ces temps, mais il y aura une autre décision de remodeler les frontières de l’Europe par les francs-maçons maître. Pouvez-vous croire à quel point la France se ressemblent? Vous pouvez rire, mais en vertu de la 1100 du Regnum Marianum n’y avait pas de guerre civile ethnique malgré les Hongrois se sont pas homogènes (vous le savez, il ya des Coumans, jassic, Saxons, etc.) Ce n’est qu’après les Habsbourg-Lotharingians commencé à financer les petits rois aux extrémités. Avant cela, même les Slaves, les Valaques, les Coumans, russins avait « hungarous » l’esprit en dépit n’ont pas parlé le même langage. Comme la France, 40% des gens ne sont pas Francks, mais ils voulaient réunir sous un même drapeau. En Hongrie, ce drapeau est le drapeau rouge avec des bandes d’argent sous contrôle religieux (la Sainte Couronne).

    N’ayez pas peur, vos petits-fils sera mort pour rien que mon grand-père en ligne. Ensuite, vous pourriez nous comprendre.

  2. Christian a dit :

    P…, pourquoi il n’y pas de panneaux ?
    Il faut absolument venir ici pour aimer le panneau.
    On ne dit pas assez que c’est bien les panneaux indicateurs routiers.
    Bastille, Nation , Denfert, une flèche à chaque carrefour.
    Cela aide, et puis ça entretient le sentiment d’appartenance.Ca a de la gueule, Bastille, Nation.Ca fait sens et c’est coloré. La ville s’y rythme, s’y coule et parfois vous filez du premier coup dans la circulation vers le Père Lachaise où est votre rendez vous.
    Ici, c’est Budapest.
    Comme la plupart des français, vous situez ça en Roumanie, avec un peu de chance.
    Mais non, c’est la Hongrie. Pour vous c’est du pareil au même.
    Non.
    Ce n’est pas la Roumanie.
    C’est la Hongrie. Magyarorszag, le pays des magyars.
    Il y a un drapeau, des frontières, pas beaucoup de montagnes. Une langue avec plein d’accents partout à l’écrit.
    Agglutinante, ça s’appelle.
    Une monnaie aussi. Le forint, pas l’euro.
    En Slovaquie, cinquante kilomètres au nord de Budapest, il y a l’euro.
    Drôle d’idée de mettre une métropole, une capitale à cinquante kilomètres d’une frontière, direz-vous.
    En fait, cinquante kilomètres au nord, il n’y a pas que l’euro, il y a aussi des Hongrois.

    Le pont franchit le Danube. Et hop, encore des hongrois.
    Des magyarophones, plutôt. Ils ont un passeport slovaque.
    Ici, on n’est pas toujours cartésien lorsqu’il s’agit de rapport à l’espace.
    Les nomades dans la steppe, le Cogito ergo je retrouve ce foutu bistrot où nous avions bu un vin chaud la dernière fois, ce n’est pas le souci principal.
    Mais là, Descartes serait réjoui. Parce que Budapest, ils ne l’ont pas mise près de la frontière.
    Ce sont les frontières qui sont venues près de Budapest.

    Si l’art noble du panneau indicateur n’est pas vraiment sa tasse de thé, le Magyar moyen est généralement assez pointu en géographie historique.
    Il ne situera pas Paris en Grande Bretagne par exemple.
    Il sait très bien que Paris est près de Versailles.
    Et qu’à Versailles, il y a Trianon.
    Parce qu’ à Trianon ,les frontières de sa Heimat se sont un peu déplacées.
    D’un coup, plop, plop, le pays est devenu comme un pull lavé par Sandrine.
    Etroit.
    Très.
    Rétréci des deux tiers.
    Avant 14, Budapest était plutôt centrée. On le voit bien sur les cartes autocollantes à l’arrière des voitures des pauvres. Des autres aussi parfois. Pas sur les Mercedes, ni les BMW de Buda.
    La grande Hongrie, ça s’appelle.
    On disait la Hongrie tout court avant. Longtemps avant en fait.

  3. Vadaskerty a dit :

    Bonjour Christian,

    Pas mal la prose!

    Pour les panneaux indicateurs, il y a en tout plein, il faut juste savoir décoder:

    IKEA -> Örs vezér tér
    Europark -> Kispest
    Mammut -> Moszkva tér
    Duna Plaza -> Angyalföld
    West End -> Nyugati pályaudvár
    Pólus Center -> Zugló

    Etc…

  4. Christian a dit :

    Pour les panneaux indicateurs, il y a en tout plein, il faut juste savoir décoder:
    apres un temps d’adaptation, on s’y fie
    mais pas toujours présents dans les districts périphériques au delà des korut.
    bonjour,Vadaskerty, et merci du conseil.

  5. @just an hungarian

    on voit la limite des traducteurs automatiques dans ton texte.

  6. Extrait de wikipedia:
    « En comparaison du royaume d’avant-guerre, la taille et la population de cette nouvelle Hongrie sont réduites d’environ deux-tiers, la totalité des minorités roumaine, slovaque, croate, serbe faisant le choix d’appartenir à d’autres États, selon le principe (énoncé par le président américain Woodrow Wilson) du « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ».  »

    En ayant repoussé trop longtemps l’instauration d’une République, les hongrois sont sûrement les premiers responsables de ce rejet de l’unité territoriale, par les minorités de la Grande Hongrie. Devenue, de plus, l’Empire Austro-Hongrois, plutôt qu’une République fédérative d’Europe Centrale.

    Les Français, eux, n’ont faits que le « sale boulot », dans l’urgence.

    Quand les Hongrois deviendront enfin des démocrates, la situation s’éclaircira. Ils pourront alors pleinement profiter de l’espace Schengen, qu’ils ne méritent peut être pas tout à fait encore aujourd’hui.

    Et les touristes français, démocrates depuis longtemps, eux; apporter leurs euros, dont la Hongrie d’aujourd’hui a tant besoin.

    Les Hongrois sont donc directement responsables du contenu du traité du Trianon…et sont toujours directement respnsables de leurs difficultés démocratiques et économiques d’aujourd’hui. Il serait temps qu’ils orientent leurs regards vers l’avenir…tout de même, lui aussi, parsemé d’embûches.

    Cela fait vraiment trop longtemps que les Hongrois se voilent la face devant les réalités européennes.

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