Double peine pour les malades hongrois?

Nouvelle étude européenne, et encore une fois, la Hongrie se retrouve au rang des mauvais élèves. Il s’agit aujourd’hui d’une enquête réalisée par le groupe de réflexion « Health Consumer Powerhouse » comparant les systèmes de santé des différents pays européens. Au classement, la Hongrie se place au vingtième rang sur les 31 nations jugées, loin derrière la Grande Bretagne (13ème), symbole d’un système de santé « antisocial ». Les Hongrois souffrants subiraient ainsi la règle de la double peine : en plus d’être malade, ils auraient la déveine de ne pas être bien soignés.

Une étude exhaustive

La recherche de ce groupe suédois basé à Bruxelles s’appuie sur de nombreux critères afin de pouvoir juger la performance réelle des systèmes de santé respectifs. Sont pris en compte pêle-mêle le droit des patients, les services qu’ils leur sont fournis ainsi que la qualité de ces derniers, la longueur des listes d’attente, la diversité des produits pharmaceutiques en vente… L’étude s’intéresse également aux moyens de paiement des médecins, et à la pratique, répandue dans les anciens pays communistes et particulièrement en Hongrie, de devoir rétribuer, « en sous main », les docteurs afin d’être mieux soigné.

La Hongrie et les pays d’Europe de l’Est mal en point

D’après ce classement, les pays scandinaves et germanophones prodiguent, sans surprise, les meilleurs soins. L’Europe de l’Est est une nouvelle fois à la traîne au sein de cette étude, Roumains et  Bulgares se retrouvant derniers de la classe, précédées simplement par deux pays n’appartenant pas à l’Union Européenne : l’Albanie et la Macédoine.

Les pratiques de paiement informelles n’expliquent pas, à elles seules, la mauvaise place de la Hongrie dans ce classement. L’étude révèle en effet que le budget conféré à la santé par le gouvernement hongrois se réduit d’années en années. En 2007, 1 760 milliards de forint avaient été réservés au domaine de la santé en Hongrie. En 2009, on estime que ce chiffre est tombé à 1 400 milliards soit 5, 4% du PIB du hongrois: la Hongrie est le pays appartenant à l’UE dont le budget santé est le plus faible. Les politiques de rigueur mises en place par le Premier Ministre hongrois Gordon Bajnai, et les promesses d’austérité financière du Fidesz qui, sauf retournement de situation inattendu, devrait remporter les élections législatives de 2010, n’annoncent aucun changement à ce sujet. Il ne fait pas bon être malade en Hongrie.

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