Dossier : Tous les chemins mènent aux Roms (2/4)

(Suite de l’article sur les manifestation rom de samedi et lundi derniers)

“Le temps des gitans”… dans l’Union Européenne

Depuis 10 ans, la Roumanie, comme la Hongrie depuis le changement de régime, consent à faire des efforts pour l’intégration des Roms, dans le style “discrimination positive”. Mais cette politique s’avère, comme en Hongrie d’ailleurs, avoir été un échec cuisant. Depuis des années, des millions d’euros ont été alloués pour leur intégration, notamment pour l’accès à l’éducation et aux soins hospitaliers. Mais avec la crise et l’émergence d’autres groupes sociaux en difficulté, les collectivités locales choisissent de faire leurs coupes budgétaires dans ce secteur précis.

Résultat : on assiste à une véritable ségrégation de la communauté, dont le niveau d’éducation pour presque la moitié de ces jeunes dépasse rarement le stade de l’école primaire. Sans compter que souvent, ceux-ci sont rapidement placés dans des établissements scolaires “au rabais”, qui leur sont exclusivement réservés. De plus, en Hongrie et en Roumanie, les sondages d’opinion publique concernant les Roms (qui représentent environ 5 à 10% de la population de chacun des deux pays selon les recensements) se suivent et se ressemblent : ils sont accablants quant aux préjugés sur leur “criminalité congénitale” supposée et entretiennent donc leur discrimination dans l’imaginaire collectif de la société.

La seule solution semble alors de se tourner vers les fonds européens. D’ici 2013, la Roumanie devrait toucher autour d’un milliard d’euros de Bruxelles pour mettre en place un programme d’insertion sociale des Roms. Seulement 10% de cette somme auraient été utilisés jusqu’à maintenant. Il y a une semaine, le président roumain Traian Basescu signalait que son pays réclame depuis 2008 une « stratégie d’intégration des Roms au niveau européen ». « Malheureusement, certains Etats, probablement les plus gros contributeurs au budget de l’Union européenne, sont intervenus pour que celle-ci ne soit pas mise en place », a t-il ajouté.

La rentrée du Parlement européen à Strasbourg cette semaine doit d’ailleurs mettre à l’ordre du jour la question des Roms en Europe cet après-midi même. Au final, de la tension dans les négociations entre Bucarest et Paris sur le sujet pourrait sortir quelque chose de positif. Espérons alors que la toute prochaine visite à Bucarest (jeudi et vendredi) d’Eric Besson, ministre français de l’Immigration et de l’Identité Nationale, et de Pierre Lellouche,  secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, servira in fine plus à la population Rom qu’à la défense de la réputation des deux pays en terme de Droits de l’Homme. Si les représentants des Etats se comportent comme lors de leurs déplacements à Bruxelles, ce n’est pas gagné.

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