Dossier : Tous les chemins mènent aux Roms (1/4)

L’été a été chaud pour les Roms en France. D’un fait divers qui a tourné au drame, puis à l’émeute, on est passé au démantèlement des camps de Roms à grande échelle et aux expulsions massives. On a jamais autant parlé de cette communauté en Europe de l’ouest que ces dernières semaines, et cela grâce à Paris. Reste à espérer que cette médiatisation serve enfin à améliorer l’existence des Roms dans leurs pays d’origine, en Europe centrale, de l’Est et balkanique.

A Budapest samedi dernier, ainsi qu’à Bucarest, Timisoara, Cluj et Skopje ce lundi, la défense des droits de l’Homme dans l’Union Européenne a fait l’objet de manifestations devant les Ambassades de France respectives des trois capitales et devant les divers centres culturels français de Roumanie. C’est l’Alliance civique des Roms de Roumanie (regroupant 21 associations roms de Roumanie) qui, il y a une semaine, avait lancé un appel à manifester, ainsi qu’à boycotter les produits et les services provenant de l’Hexagone. Objectif : « rappeler au gouvernement français que les droits fondamentaux ne se négocient pas« .

Cependant, si les représentants de ces associations et quelques activistes ont répondu présents à l’appel, ce ne sont que quelques dizaines de ressortissants roumains et hongrois d’origine rom qui sont venus pour remplir le cadre des objectifs des journalistes. En France au contraire, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté le week-end dernier contre les expulsions massives de Roms roumains et bulgares.

Une faible mobilisation, mais des messages forts

Pourquoi si peu de Roms étaient-ils présents ce lundi devant l’Ambassade de France à Bucarest ? Parce que, selon certains manifestants, les Roms ne sont pas habitués à manifester, mais aussi parce que la plupart des familles expulsées sont aujourd’hui isolées dans leurs villages, ou sont “déja assez traumatisées”, comme l’a expliqué David Mark, le président de l’Alliance civique des Roms, à l’AFP.

Mais qu’importe… Pour répondre au sommet international sur la lutte contre les clandestins, justement organisé par Eric Besson à Paris ce lundi, les quelques dizaines de Roms plantés devant l’Ambassade à Bucarest arboraient certains panneaux où il était écrit « le sommet de la honte« .  Ils ne croyaient pas si bien dire… L’Allemagne, l’Espagne, la Grèce, l’Italie, la Grande-Bretagne et la présidence belge de l’UE y étaient invités, alors que la Hongrie, la Slovaquie, la Roumanie et la Bulgarie ne l’étaient pas…

Des banderoles appelaient également au boycott de la France (certains produits français ont d’ailleurs été symboliquement jetés à la poubelle). D’autres pancartes contestaient les contrôles biométriques et raillaient la devise de la République française. Les promesses de subventions aux expulsés (300€ par adulte et 100€ par enfant, promesses qui n’ont souvent pas encore été tenues) ont également été fustigées. Tous les participants s’accordaient à vouloir “stopper Sarkozy et sa politique d’expulsions”.

Mais « Sarko » n’était pas le seul sur la sellette. Le gouvernement roumain serait, selon les personnes interrogées par les journalistes, lui aussi grandement responsable à la fois de leur exode et de leur retour en Roumanie. Marian Daragiu, un responsable de l’Alliance civique des Roms de Roumanie, portant l’inscription “Rom = citoyen honnête” sur son t-shirt blanc (voir photo ci-contre), déclarait alors à la télévision roumaine : « nous voulons protester contre le gouvernement français mais aussi roumain, car ils ne proposent pas de solutions pour aider les Roms à s’intégrer socialement et économiquement. Le jeu de ping-pong qui consiste à renvoyer les Roms d’un pays à un autre ne va pas résoudre le problème« .

Crédit photos : hu-lala.org

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