Discrimination scolaire : L’Etat hongrois mis en cause

EcoleQuelques jours seulement après une lourde condamnation à l’encontre des deux parents d’écoliers absentéistes, une association militant en faveur des enfants défavorisés a annoncé poursuivre en justice l’Etat hongrois pour discrimination à l’école, a rapporté Népszabadság, jeudi dernier.

Scandalisée de voir les écoles violer la loi relative à l’égalité des chances et continuer à discriminer les enfants Roms en toute impunité, la fondation »Chance for Disadvantaged Children » a déclaré déplacer son combat sur le terrain juridique et attaquer l’Etat hongrois en justice.

La directrice de la fondation, Erzsebet Mohacsi, a justifié cette initiative par le fait que les employés des ministères concernés restent passifs malgré les nombreux rapports et études sociologiques les alertant sur cette question.

Selon elle, depuis plusieurs années aucune mesure n’a été prise à l’encontre des écoles pratiquant la discrimination, et les enfants Roms continuent d’être systématiquement séparés pour recevoir une éducation « au rabais ».

Les lourds investissements de l’Etat hongrois dans le cadre de son « Programme d’intégration » pour combattre les discriminations à l’école se heurtent au fait que la société hongroise supporte, ou tout au moins s’accommode, de ces discriminations. Selon les sociologues, les aides financières accordées à certaines écoles envoient un signal négatif aux parents d’élèves de la classe moyenne qui préfèrent inscrire leurs enfants dans des écoles bénéficiant d’une meilleure réputation.

Vendredi 11 septembre, le quotidien Népszabadság rapportait la condamnation, inédite dans l’histoire de la justice hongroise, de deux parents d’élèves absentéistes à 16 mois de prison ferme.

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Un commentaire

  1. Merci de pointer ces problèmes.
    Je voudrais préciser deux choses:
    - S’agissant des investissements de l’Etat hongrois, les subventions accordées aux autorités locales pour le « programme d’intégration » sont évidemment conditionnées: faute pour ces autorités locales (y compris les écoles) de mettre en oeuvre les actions et mesures nécessaires, elles doivent rendre les sommes allouées. Il y a quelques mois, une fonctionnaire de l’Etat, en charge du suivi de ces mesures, a constaté que l’argent n’était pas employé à des mesures pour les enfants rroms. Elle a donc demandé le remboursement des subventions. Tollé des racistes, qui ont réussi à la faire virer de son poste, qui plus est, en l’accusant elle de détournements.
    Ensuite, le nom de « disadvantaged children » est impropre, car il stigmatise les enfants rroms. Ils ne sont pas « disadvantaged », mais « discriminated against »; On parle de « disadvantaged » quand il s’agit d’enfants handicapés ou issus de familles pauvres, mais en l’espèce il n’en est rien. Si leurs familles sont pauvres (pour un certain nombre, anormalement élevé), c’est justement en raison des discriminations dont elles souffrent.

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