Constitution (1/2): la Fidesz est prête à lâcher du lest

La prochaine Constitution devrait-elle vraiment inclure la protection de la vie fœtale, du mariage et de la famille, comme le prévoit son brouillon initial ? Refroidie par le tollé européen suscité par sa loi sur les médias, la Fidesz hésite. Au grand dam de ses alliés du parti chrétien-démocrate (KDNP).

La rue de la Constitution, dans le XXIIè arrondissement de Budapest

Un débat acharné s’est déroulé en fin de semaine à Siófok dans le cadre de la réunion du groupe parlementaire Fidesz-KDNP, déclenché par le fait que le rapport de synthèse d’une page et demie, distribué pour accompagner le projet de Constitution rédigé par László Salamon, ne contenait pas les passages concernant la défense du mariage, de la famille, et surtout celle de la vie fœtale. Des thèmes chers aux chrétiens-démocrates qui ont adressé un ultimatum à la Fidesz, jugeant que, sans ces principes, réécrire la Loi fondamentale n’est plus justifié. On imagine mal cependant comment le petit parti chrétien allié de la toute-puissante Fidesz pourrait refuser de voter aux côtés de sa grande sœur et ainsi mettre en péril l’adoption de la Constitution au printemps.

La réponse de Viktor Orbán ne s’est pas fait attendre et a jeté un froid sur ses alliés chrétiens : il est inutile de générer une panique car cela mènerait à un échec. Selon lui, la Constitution ne devrait pas inclure des passages qui pourraient exposer le gouvernement aux attaques de l’opposition, pour qui il serait très facile de faire courir le bruit d’une interdiction de l’IVG en Hongrie.

Eviter à tout prix un nouveau scandale avec Bruxelles

On imagine aisément que Viktor Orban craint que le MSZP n’exploite politiquement ce sujet potentiellement très explosif, au niveau intérieur – car la législation actuelle sur l’avortement est largement soutenue par l’opinion publique -, mais encore plus qu’il n’aille « cafter » une nouvelle fois auprès de Bruxelles. « Surtout pas de nouveau scandale avec l’UE », semble être le mot d’ordre en ce moment chez les conservateurs.  L’eurodéputé Fidesz László Surján a déclaré lors d’une conférence de presse que « Le processus de création de la nouvelle Constitution ne doit pas être exposé au feu croisé des débats européens comme c’est le cas avec la réforme des médias« .

Un autre eurodéputé Fidesz, József Szájer, (qui dirige aussi la commission de rédaction de la Constitution) a affirmé que ni la nouvelle réglementation concernant la modification de la Constitution (vivement critiquée par l’opposition), ni le droit du président de la république de dissoudre le parlement ne seront inclus, car aucune modification significative de l’organisation de l’État  – y compris de sa Cour constitutionnelle – n’est envisagée. Il a ajouté que les députés Fidesz sont prêts à avancer au 17 ou 18 avril la date du vote de la nouvelle Constitution, initialement prévue au 25 avril (le lundi de Pâques). Le chef du groupe parlementaire Fidesz, János Lázár a pour sa part déclaré qu’il y a de forte chance (risque) pour que la proposition du député Péter Kovács, selon laquelle les séances parlementaires commenceront par le chant de l’hymne national, soit adoptée.

Article suivant : Constitution (2/2): pendant ce temps dans l’opposition…

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