Constitution (2/2): pendant ce temps dans l’opposition…

Alors que les deux partis de la coalition gouvernementale, la Fidesz et le KDNP, se font des bisbilles sur le contenu de la Constitution, les trois partis d’opposition n’en sont encore qu’au stade où ils se demandent s’ils vont tomber dans le piège de la main tendue du gouvernement.

La rue de la Constitution

La coalition Fidesz-KDNP, accusée de vouloir réécrire la Loi fondamentale hongroise de manière unilatérale, a récemment demandé aux partis d’opposition de rédiger leur propre version de la Constitution. Est-elle animée par une réelle volonté d’ouverture et de recherche d’un consensus ? La réponse est évidemment négative, à en juger par le calendrier accéléré du processus d’adoption – qui pourrait aboutir dès le 18 avril -, ne laissant que quelques petites journées de consultations et de débats au Parlement.

Marginalisés jusque dans le processus même de conception et d’adoption de la nouvelle Loi fondamentale, les socialistes du MSZP en sont réduits à débattre dans leur coin de la nécessité de participer ou non à un projet sur lequel ils auront peu, voire aucune influence.  Après un dimanche studieux à leur siège de Jókai utca, ils ont posé comme (ambitieuses) conditions à leur participation que le projet de Constitution soit soumis à l’approbation des 4/5è du Parlement – ce qui ne pourrait donc pas se faire sans la gauche – puis définitivement adopté après un vote à la majorité des 2/3 par deux assemblées consécutives.

Encouragés par le parti majoritaire à proposer leur propre version de la Constitution, le MSZP a imaginé un texte qui, selon les informations du Népszabadság, interdirait la restriction des droits humains et civils, interdirait pour les personnes qui ont exercé une position politique dans les 5 ans antérieurs de remplir des fonctions publique, et assurerait le droit de vote uniquement pour les personnes résidentes en Hongrie. Le président de la République conserverait son rôle d’arbitre, sans participer ni au pouvoir législatif ni à l’exécutif.

Chez Jobbik et LMP

En début de semaine précédente, le parti d’extrême-droite a rejoint la position de la principale force d’opposition, socialiste, en faveur d’un référendum national sur l’adoption de la Constitution, son député Zoltán Balczó, estimant que le peuple devait avoir son mot à dire. Concernant l’IVG, la question sur laquelle est en train de se cristalliser le débat sur la Constitution, Jobbik a défendu l’idée d’une législation « à la polonaise », limitant le droit à l’avortement aux cas de viols et de risques graves pour la santé de la mère et de l’enfant.

Le parti vert-libéral Lehét Mas A Politika posera les conditions de sa participation au processus d’adoption de la Constitution lors de la séance parlementaire de mardi. Le parti a communiqué, samedi via son site internet, que « La Fidesz a déclaré la guerre à la constitutionnalité. […] Elle ne veut pas respecter la garantie constitutionnelle d’un véritable dialogue social, […] et ne cherche pas de consensus social. Un tel processus constitutionnel est totalement inacceptable ». Est-ce que les « 12 points » soumis au peuple constitueront pour LMP une consultation populaire suffisante ?

Sources : MTI, Népszabadság, Magyar Nemzet et Magyar Hírlap.

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