Chronique politique: les partis hongrois « pour les nuls » (4/5) – MSzP

MSzP, du communisme au social-libéralisme !

Dans l’avant dernier acte de cet « abécédaire » des partis politiques de la « Droite » vers la « Gauche » hongroise, nous abordons aujourd’hui le parti auquel il ne reste – très vraisemblablement – que quelques jours à gouverner, le parti socialiste.

Le Magyar Szocialista Párt (parti socialiste hongrois) est né à l’occasion du 14ème congres du parti socialiste ouvrier hongrois en octobre 1989 au moment où le mur de Berlin était en train de tomber. Il est l’héritier de l’époque d’après 1956 et du système de parti unique. Lors des premieres élections apres le changement de régime, il ne reccueille que 10% des suffrages exprimés. Cela aurait pu annoncer sa mort prématurée mais il a su rebondir, pour prendre le pouvoir 4 ans plus tard et devenir le parti de la « gauche » hongroise. Dans une démocratie nouvelle et donc instable il réussit, en 2006, l’exploit d’être le premier gouvernement réélu, grâce à une mutation vers un « social-libéralisme » (proche du blairisme).

Ferenc Gyurcsany, la rançon du succès

Cette transformation a été menée d’une main de maître par son Premier ministre de l’époque Ferenc Gyurcsany. Succédant en 2003 à Péter Medgyessy, homme politique incarnant une image passée, il représente cette nouvelle génération d’hommes d’affaires, opportunistes et initiés.

Ancien leader des jeunesses communistes, il est rapidement devenu un symbole du self-made man hongrois grâce à son intelligence et à ses facultés d’adaptation. Mais son cynisme va le rattraper, quelques semaines après sa réélection en septembre 2006, lorsqu’un de ses discours off (le discours dit « d’Oszöd »), enregistré à son insu, est diffusé sur la radio nationale hongroise : « Nous avons merdé (…). Personne en Europe n’a fait de pareilles conneries, sauf nous (…). Il est évident que nous avons menti tout au long des derniers dix-huit mois … Nous avons tout fait pour garder secret en fin de campagne électorale ce dont ce p.tain de pays a vraiment besoin, ce que nous comptions faire après la victoire électorale : nous le savions tous, après la victoire, il faut se mettre au travail, car nous n’avons jamais eu de problème de cette envergure. » A propos de ce discours, l’ancien Premier ministre est revenu publiquement sur la question il y a trois semaines, en affirmant qu’il ne regrettait pas ses propos, mais bien plutôt qu’ils aient été manipulés hors de leur contexte.

2006 et les commémorations – émeutes de l’insurrection de 1956

Ce moment de vérité, mettant en avant le cynisme de la politique hongroise, a entraîné une série d’émeutes à Budapest, pour la première fois depuis l’insurrection de 1956. Cela a commencé de manière plus ou moins spontanée avec la tentative, comme en 56, de la prise de l’immeuble de la télévision nationale (MTV) sur Szabadsag tér par des individus plus ou moins extrémistes, et cela s’est poursuivit quelques semaines plus tard à l’occasion du cinquantenaire de 1956. Depuis ces événements, quoi qu’ils fassent, Gyurcsany et le MSzP cristalisent toute la déception et la colère du peuple hongrois envers ses responsables politiques. Gyurcsany a tenu jusqu’en 2009, où, un an avant les élections, il a laissé la place de Premier ministre à son ancien ministre de l’Economie, Gordon Bajnai. Ce dernier qui n’a pas été gardien de but pour rien, tient la barraque hongroise sur le plan financier principalement. Cet  « homme de dossiers », qui n’est pourtant pas officiellement étiqueté, a dirigé le gouvernement socialiste jusqu’à maintenant, avec un bilan qui ne suffira peut-être pas au MSzP pour être justement représenté au Parlement prochainement, malgré les louanges des bailleurs de fonds internationaux.

Laisser passer la tempête?

Pour les législatives cette année, le MSzP a placé un « candidat martyr » en tête (Attila Mesterhazy), et attend patiemment de pouvoir se reconstruire d’ici les prochaines élections, l’instabilité politique restant de mise en Hongrie. Cependant, laisser passer la tempête sans réagir vite pourrait également être fatal pour ce parti historique, qui va sans doute commencer sa déliquescence dans quelques semaines, s’il ne reste pas deuxième force politique du pays devant l’extrême droite, fortement représentée par Jobbik. On peut alors s’imaginer que le « renouveau à gauche » est peut-être ailleurs, chez les jeunes « loups » écolos du LMP par exemple, qui comptent bien incarner la nouvelle génération de progressistes hongrois. Le dernier volet de notre chronique leur sera d’ailleurs logiquement réservé.

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4 Commentaire

  1. Jean-Claude a dit :

    Hum ! Francais ici en Hongrie depuis 1998 ans déjá, marié á une hongroise . J’ai connu la politique de Fidesz, qui a était POSITIVE pour le pays , l’économies, le social,etc.. MSZP, depuis 2002, qu’ont-ils fait ? Corruption , détournement d’argents ,déficits du pays, vendu , detruit et mis en faillite le pays. Arrive de Gyurcsany Úr en 2004, et lá , le PIRE Á COMMENCÉ, jusqu’a aujourd’hui avec Bajnai et la troupe de MAFFIA …. Messieurs et mesdames les journalistes de Hulala, DE QUOI vous parlez du bilan positif de MSZP, merde, faut que vous arrétiez de dire des bétises, NOUS NOUS DEMANDONS OÚ VOUS TROUVEZ VOS INFOS. Alors ? En France , vous aviez connu le socialisme ? au temps de Mr Francois Mitterrand ? Vous pouviez nous dire la différence de la france et de la Hongrie ? Quand vous dites que que les USA salue la gestion de la Hongrie, OH la La, oui , seulement 10 % de bons et 90 % de NÉGATIFS sur la gestion du pays !!! Les Européens critiquent le gouvernement MSZP. Vous savez ce qu’ils se passent ici ??? JE NE LE CROIS PAS. Autre, vous avez oublié d’écrire ce qu’avait dit Gyurcsi en 2006 aprés les éléctions :ceux qu’ils ne sont pas content ils peuvent partir du pays ! J’éspere que ca sera lui qu’il se casse de la Hongrie et qu’il aille volé plus loin avec sa troupe MSZP + SZDSZ . MERCI

  2. A Jean-Claude : Hanem ! :)

  3. Jean-Claude a dit :

    Hanem ??? Micsoda valasz ! Nem ertem ezt ! Meg egy magyar sem .

  4. Vadaskerty a dit :

    Bonjour Jean-Claude,
    puisque apparemment « Vágod a magyart », comment traduirais-tu « caca nerveux » en hongrois?

    Et puis « Tartuffe » aussi, parce que affirmer que MSZP est plus corrompu que Fidesz, c’est comme dire que le Camembert pue beaucoup plus que le « Pálpusztai sajt ».

    NB: je ne porte pas non plus MSZP dans mon coeur…

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