Ca s’arrange au pays de la macro-économie

Gordon Bajnai, le premier Ministre hongroisDans un entretien accordé à Reuters la semaine précédente, le 1er ministre Gordon Bajnai s’est expliqué sur le budget d’austérité prévu pour 2010. L’opposition de droite, érigée en défenseur des classes défavorisées en vue des prochaines législatives lui a répondu samedi dernier…dans la rue.

« La Hongrie s’est éloignée du précipice. Mais il reste maintenant à gravir la montagne. Et c’est une tâche très difficile », a déclaré au cours de cet entretien le 1er ministre hongrois. Puis de justifier le budget 2010 par cette formule : « Si nous ne prenons garde, nous pourrions reculer et tomber dans le précipice ».

La grande priorité, c’est de « […] conserver la confiance que les marchés nous ont accordés ». Selon lui, maintenir la rigueur fiscale est le seul moyen de retrouver après 2011 une croissance supérieure à 3%.

Gordon Bajnai a aussi estimé que la crise a démontré que l’euro était un gage de stabilité et que la Hongrie devait l’adopter dès qu’elle aura amélioré sa compétitivité et renoué avec une croissance durable, sans pouvoir toutefois avancer une date.

Le budget, qui a reçu la bénédiction des instances de financement international, le FMI en tête, a été élaboré en tablant sur un recul du produit intérieur brut (PIB) de 1% et un déficit public de 3.8% du PIB, marge fixée par l’Union Européenne (UE). Des économies sont prévues sur les transports publics et les collectivités locales.

Après une année 2009 catastrophique où le PIB devrait, selon les estimations, chuter de 6.7%, l’année prochaine sera aussi marquée par la récession, quoique beaucoup moins violente, autour de 0.9%. Pour la reprise de la croissance, il faudra vraisemblablement attendre 2011.

En bas, ça gronde toujours

Le grand parti d’opposition de droite, la FIDESz, est, elle, restée insensible aux satisfecits adressés au gouvernement hongrois par les institutions internationales et aux explications du 1er ministre. Samedi, plusieurs milliers de manifestants se sont rassemblés à son appel devant le Parlement pour dénoncer un budget 2010 qui, selon le parti, allait mettre en danger des classes populaires déjà extrêmement fragilisées par la crise économique. En s’attaquant aux services sociaux, la FIDESZ estime qu’il s’agit du « budget le plus dangereux de ces vingt dernières années ».

Promise par tous les sondages d’opinion à une large victoire aux élections législatives du Printemps 2010, le parti a déjà prévenu que, s’il était porté au pouvoir, il annulerait ce budget.

A la fin de l’année précédente, la Hongrie avait été le premier pays de l’UE à recourir à l’aide internationale pour éviter son effondrement économique. Le FMI, la Banque Mondiale et l’UE avaient débloqué une enveloppe de 20 milliards d’euros.

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