Budapest-Belgrade: un vol qui crée des liens

protocole de coopération entre la Serbie et la HongrieDix-sept ans après avoir été suspendue, la ligne aérienne directe reliant la capitale hongroise Budapest à la capitale serbe Belgrade a ré-ouvert lundi dernier. Une évolution qui anticipe la levée imminente d’obligation de visa pour les citoyens serbes se rendant dans l’Union européenne.

Le premier avion assurant la liaison, affrété par la compagnie hongroise Malév, a atterri à l’aéroport international de Belgrade à 14h15 (heure locale), quarante-cinq petites minutes seulement après avoir décollé de Budapest. La compagnie a officiellement annoncée que les trois-quarts des billets quotidiens mis en vente pour le mois de décembre, au prix de départ de 99 euros, ont déjà été réservés. Plusieurs compagnies aériennes concurrentes ont d’ores et déjà emboitées le pas de la compagnie hongroise, qui assurera la liaison, et étudient la desserte de la capitale serbe. Un marché qui s’avèrera probablement très juteux, tant les possibilités de voyage des Serbes ont été entravées par une politique de visa très restrictive.

Seuls 300 kilomètres séparent les deux capitales et pourtant elles n’étaient plus connectées par voie aérienne depuis 1992, année où les premières sanctions internationales sont tombées contre le régime de Belgrade pour le punir de sa « politique balkanique », en Croatie et en Bosnie. Depuis cette date, les seuls moyens de rallier les deux capitales étaient de faire le trajet en voiture ou de prendre un train pendant près de huit heures.

Les citoyens serbes enfin bienvenus en UE

Ce samedi, le 19 décembre, marquera en effet un jour important pour les Serbes, les Monténégrins et les Macédoniens, car ils pourront désormais se rendre dans l’Union européenne sans visa. La Serbie plaidait depuis plusieurs années pour la levée de ce régime, mais sa coopération jugée insuffisante avec le Tribunal Pénal International pour l’Ex-Yougoslavie entrainait chaque fois un véto européen. La Hongrie soutenant activement le processus d’intégration de ses voisins du Sud, le Ministère hongrois des affaires étrangères s’est félicité, conjointement avec son homologue serbe, de cette levée des restrictions, qu’il considère comme un succès de la diplomatie hongroise. Les ministres des affaires étrangères serbe et hongrois marqueront d’ailleurs l’évènement ensemble, samedi au passage frontalier hungaro-serbe de Röszke.

A quand la Serbie dans l’Union ?

Les piètres résultats obtenus par la Bulgarie et la Roumanie depuis leur entrée dans l’Union européenne le 1er janvier 2007, en matière de lutte contre la corruption notamment, ainsi que la méfiance populaire grandissante vis-à-vis de Bruxelles, ne plaident pas en faveur d’une intégration rapide de la Serbie. Les Etats des Balkans ne peuvent plus espérer bénéficier d’une intégration « au rabais », comme ce fut le cas pour ces deux pays. Dans un article paru le 16 décembre dernier dans le journal La Croix,  Piotr Kaczynski, un chercheur à Bruxelles (Ceps), a fort bien résumé les enjeux de l’intégration européenne des Balkans : « Ajouter 20 millions d’habitants à une Union de 500 millions ne changera rien au cours de la construction européenne. C’est crucial pour les Balkans. Pour l’Europe de l’Ouest, l’enjeu est de s’épargner des ennuis. » La Croatie pourrait entrer, elle, dès le 1er janvier 2012.

Un commentaire

  1. Marrant, j’ai déja pris deux fois un Budapest-Podgorica (1H) avec Malev… ça peut se combiner avec un Podgorica-Belgrade (40 min), et ça remplace avantageusement le train (que j’ai déja pris aussi et qui n’est pas follement confortable!)

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