Gordon à New York, la suite

Bajnai à Columbia University photo Mirjam DonathMercredi, après avoir siégé à la 64ème Assemblée Générale des Nations Unies, le Premier Ministre hongrois Gordon Bajnai donnait une conférence ouverte au public à l’université Columbia, pour expliquer la situation économique actuelle de la Hongrie. Auparavant,  il a rencontré le Secrétaire général de l’ONU Ban ki-Moon, la direction des banques JP Morgan et Citigroup, et bien sûr “l’oncle Sam” d’origine hongroise, l’investisseur Georges Soros.

“La Hongrie a de nouveau gagné la confiance des marchés et prouve encore qu’elle est un pays économiquement viable” a affirmé le Premier Ministre devant un auditoire composé d’une petite centaine de personnes, majoritairement des intellectuels hongrois vivant aux Etats-Unis. Il a cependant déclaré que le plus gros défi des Hongrois est de se relancer sur le marché du travail (un Hongrois sur deux est aujourd’hui “officiellement” sans emploi). En comparant la crise actuelle à un tsunami dans lequel “meurent ceux qui ne peuvent se raccrocher à rien”, Bajnai a mis l’accent sur le renforcement du système social et de ses bases : travail et retraites.

Un partenaire crédible pour les américains”

“La Hongrie a un message à apporter”a répondu Bajnai lorsqu’il fut interrogé sur l’impact que sa visite à New-York pourrait avoir. Et d’ajouter : “il est important que je vienne affirmer que nous avons opéré des changements et que nous sommes un partenaire crédible pour les Américains”. “Si vous quittez cette pièce en vous disant que la Hongrie vit des jours meilleurs, que vous le dites à vos amis, c’est un plus pour la Hongrie” a t-il conclu.

La politique intérieure quelque peu esquivée

Le nombre de participants à cette conférence n’était peut-être pas assez important pour y voir des opposants et mettre Bajnai face à certaines contradictions. Par exemple, aucune question quant à l’impossibilité d’un partenariat avec les Etats-Unis, eux-mêmes dans une situation de l’emploi catastrophique, ne lui fut posée. Le fait que la vie politique en Hongrie représente un peuple de moins en moins solidaire n’a pas été abordé non plus. Enfin, il manquait la problématique de l’échéance des législatives de 2010, qui ne peut, en toute logique électorale, que faire reculer les candidats et leurs programmes sur les réformes engagées.

Un Premier Ministre (presque) droit dans ses bottes

C’est justement pour poursuivre les réformes de son mieux que « l’incorruptible » Gordon a promis d’endosser la responsabilité de son poste jusqu’au bout, sans entrer dans la course électorale. Il a d’ailleurs également profité de cette occasion new yorkaise pour annoncer qu’il démissionnerait si le budget qu’il propose n’était pas accepté par le Parlement en novembre prochain. Cette démonstration d’intégrité n’aurait étonné personne s’il n’avait pas rajouté immédiatement que l’acceptation du dit budget était déja quasiment « dans la poche ».  Après que les journaux hongrois aient fait de cet excès de langage leurs gros titres, Népszabadsag révélait hier que l’intéressé s’agacait de l’amplification faite de sa petite phrase et du non-professionalisme dont la presse hongroise se rendait ainsi coupable.

Sources et photo : Mirjam Donath

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