AXA n’investit plus en Hongrie

« L’argent en Sécurité »

La semaine dernière, AXA Bank a décidé d’arrêter temporairement son activité principale en Hongrie, les investissements en prêts hypothécaires. En outre, elle engage une concentration dans certains de ses centres. Il y a quelques mois, le pôle bancaire du groupe international français, numéro un des assurances en Europe, avait été épinglé par la PSZÁF (Autorité hongroise de surveillance des établissements financiers) pour des malversations commises en 2010, au moment de la réforme des retraites.

Position d’attente

Selon AXA bank, les perspectives économiques actuelles et le marché hongrois sont trop défavorables à la poursuite normale de ses activités à moyen terme. A partir de mi-mars, la branche hongroise se limitera à recueillir les dépôts et se concentrera sur son stock de prêts. Elle n’utilisera ses ressources que pour supporter les fluctuations du taux de change en fonction des plans du gouvernement.

Progressivement, AXA Bank cessera ses activités dans 13 de ses centres clientèle en Hongrie. Dès le mois de juillet, seuls deux centres nationaux à Budapest ainsi que les centres régionaux de Debrecen, Gyor, Pécs et Kecskemet continueront de gérer des actifs hongrois. Jusqu’à maintenant, en plus des centres hypothécaires nationaux, la banque employait 300 agents d’assurance partenaires et sur Internet en Hongrie.

La branche hongroise du groupe français a cependant tenu à préciser que sur le long terme, elle resterait sur le marché financier hongrois et engagée auprès de ses clients.

Les déboires d’AXA sur la réforme des retraites hongroises

Fin 2010 – début 2011, AXA et les sociétés hollandaises de fonds de pension privés ING et AEGON faisaient partie des 15 multinationales qui se sont plaintes à Bruxelles de la nationalisation du système des retraites et des taxes exceptionnelles dites « de crise », affectant le secteur bancaire et des assurances, entre autres. Dans une lettre commune adressée aux commissaires européens, elles estimaient que les mesures économiques du gouvernement hongrois auraient des effets désavantageux pour les investissements et pourraient porter atteinte à la libre concurrence au sein de l’UE. Elles invoquaient aussi l’argument selon lequel le gouvernement s’attaquait à des secteurs « sans défense », du fait de leurs « spécialités ». Spécialités dans lesquelles elles ont pu investir avantageusement le marché hongrois pendant des années.

« C’était le bon vieux temps ». Aujourd’hui, la donne a changé et pour toute tentative d’esquive, le gouvernement a un chien de garde à son service : la PSZÁF. Il aurait d’ailleurs bien aimé fusionner la Banque centrale avec cet organe de supervision des institutions financières si cela ne contrariait pas tant la Commission européenne, bien entourée par les lobbies.

En 2011, la PSZÁF a condamné AXA pour pratiques frauduleuses entraînant des frais supplémentaires injustifiés à ses anciens clients. Au deuxième semestre 2010, lors de la nationalisation des caisses privées de retraite, l’autorité de surveillance a scrupuleusement examiné la gestion des actifs de plusieurs fonds de pensions privés. L’enquête a révélé qu’AXA Bank, ING et AEGON (les deux géants hollandais de la bancassurance) et même la banque hongroise OTP auraient fait en sorte de pouvoir retirer un bénéfice (ou un dédommagement, selon le point de vue) du transfert des fonds de pension privés à la caisse des retraites de l’Etat. Un manque à gagner pour ce dernier qui n’a pas plu à la PSZÁF.

Seuls ING et OTP ont osé poser un recours devant les tribunaux. En février dernier, la PSZÁF a gagné son procès en première instance contre ING. Quant à OTP, la procédure est encore en cours.

Selon les chiffres définitifs communiqués par l’Administration centrale de l’assurance-pension nationale (ONYF) fin janvier 2011, seuls 102.000 cotisants, soit un peu plus de 3% d’un total de 3,1 millions de personnes, ont décidé de rester fidèle à leur caisse de retraite privée. La nationalisation des fonds de pension a rapporté 2500 milliards de forints (9 milliards 270 millions d’euros à l’époque) à l’Etat hongrois.

Sources : MTI – Econews

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