La chasse aux anciens agents communistes reste ouverte
Par Swan Min-Tung
Un député du parti socialiste (MSZP), Csaba Molnar, a présenté un projet de loi destiné à clarifier le passé du Président de la République, Pál Schmitt. Une proposition qui relance le débat sur la « lustration » invoqué pour démasquer les anciens agents du régime communiste.
Pál Schmitt est pointé du doigt pour avoir participé à la gestion de « l’Hôtel Astoria », lieu branché mais aussi utilisé par la sécurité d’Etat entre 1971 et 1986. Durant cette période, deux agents secrets de haut rang comptaient parmi ses collègues. Par ailleurs, une année de sa vie reste bien mystérieuse après son départ de l’Hôtel Astoria. La loi proposée par Molnar contraindrait les hauts fonctionnaires de l’Etat à déclarer s’ils ont collaboré avec des agents de la sécurité d’Etat du régime communiste.
Ce projet de loi fait échos aux propos du président du groupe parlementaire Fidesz, János Lazar, qui a réaffirmé le 2 mars dernier, la volonté de son parti de rendre public tous les documents post-1945, estimant que "tout le monde a le droit de connaitre le passé". Un premier pas avait déjà été fait dans cette direction en 1997, permettant à tous les citoyens un libre accès aux dossiers les concernant. Souvenons-nous que des scandales ont éclaboussé la droite comme la gauche, notamment l’ancien premier ministre Péter Medgyessi (MSZP) ou encore Zoltan Pokorni, contraint de démissionner de son poste de n°2 du Fidesz.
Ce débat relance la question d’une loi de « lustration », une terminologie se référant au rituel romain qui avait pour but la réconciliation et la purification au cours duquel on effectuait un sacrifice solennel. Outre le fait de se débarrasser d’adversaires politiques, l’idée est de dédommager les victimes du régime communiste et d’adopter une loi privant les anciens « collaborateurs » de leurs responsabilités publiques et politiques et même de leur statut et prestations sociales. Cela vise une purification au sein des administrations, comme cela a été largement effectué dans les autres pays d’Europe centrale.
Le gouvernement de Viktor Orban a décidé le 14 mars d’inscrire une mention relative aux auteurs de crimes sous le régime communiste dans le projet de nouvelle constitution. Gergely Gulyas, membre du Fidesz, a tracé un parallèle avec l’affaire Sandor Képiro - criminel de guerre présumé faisant l’objet d’une procédure judiciaire -, estimant que si un homme de 97 ans peut être traduit en justice, alors il est encore tout à fait possible d’engager des poursuites envers les anciens communistes soupçonnés de crimes.
Tout ceci remet sur le devant de la scène les précédentes listes publiées de la police secrète mettant en cause d’anciens agents. Les comptes du passé ne sont toujours pas soldés et il semble qu’un certain nombre d’anciens agents reste encore à « sacrifier ».
Sources : Politics.hu et Magyar Nemzet
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