Pál Schmitt souhaite que la nouvelle Constitution protège la langue hongroise

Par Antoine Bouffard

Lors d'une interview accordée au quotidien Magyar Nemzet, le président de la République hongroise a exprimé son attachement pour la langue hongroise et sa volonté de souligner son importance dans la Constitution et de récompenser les citoyens participant à sa promotion.

Pal Schmitt le jour de son élection à la présidence (Hungary Around the Clock)

Le hongrois, parlé par 13 à 14 millions d'individus dans le monde, serait en danger selon le chef de l'État hongrois. Classée comme la 45ème langue la plus utilisée au monde (sur plus de 5 000 comptabilisées), la langue magyare serait également l'un des symboles les plus importants de ce qui définit l'identité et la culture hongroise, d'où la nécessité de la défendre. Nul doute que cette proposition sera reprise durant les travaux de réforme constitutionnelle, qui devraient aboutir au printemps prochain. Pál Schmitt a conclu l'interview en citant le poète József Ratkó : « la langue maternelle, c'est à la fois le sens et la structure de la nation ».

À partir de cette année devrait aussi être décerné un « Prix pour la langue hongroise » (a magyar nyelvért dij) aux personnalités ou associations s'étant distinguées par leur tendance à promouvoir le hongrois au sein de leur communauté.

Reste à savoir ce que le Président entend concrètement par protéger la langue hongroise dans la Constitution : il est courant de voir que des langues régionales ou minoritaires soient protégées par une Constitution, mais sous quelle forme peut-on protéger la langue officielle et parlée par la quasi-totalité de la population d'un pays ? A moins que le Président ne raisonne à l’échelle du bassin des Carpates et souhaite inscrire dans la Constitution la protection de la langue hongroise aux côtés des obligations morales de la Hongrie vis-à-vis des minorités des pays voisins.

S'il est vrai qu'à plusieurs reprises la langue hongroise a pu être menacée par le passé – n'oublions pas que Budapest était une ville majoritairement germanophone jusqu'au milieu du 19ème siècle-, et que la survie de toute langue est menacée a long terme, il paraît surprenant de la considérer en danger aujourd'hui.

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7 Réponses »

  1. Vous trouvez surprenant que la langue hongroise soit considérée comme étant en danger, mais vous considérez la démocratie hongroise comme étant en danger! Tout aussi surprenant a mon avis!

  2. Une démocratie ça se supprime en quelques années. Quand on s'en rend compte il est trop tard. Ceux qui s'en sont rendus compte sont déja partis.

    Une langue, il faut quelques générations, en fonction de son poids démographique. Pour le hongrois, je dirais qu'il s'agit d'une langue menacée à moyen terme, d'ici 200 ou 300 ans...

    Plus sérieusement, ce président potiche fait l'hilarité des hongrois avec ses communiqués à la grammaire hongroise bancale... mais bon, des jacobins français illettrés se mêlant de sauvegarder la langue française, ce n'est pas ça qui manque non plus :)

  3. La démocratie d'opinion elle peut virée, ça ferra du bien, le problème c'est par quoi la remplacer... idéologie de l'ordre d'un côté, idéalogie de la liberté de l'autre, on n'est pas aidé.

  4. Une Constitution ne peut être solide et respectée, que si elle concentre les valeurs des Droits de l'Homme.

    Toute autre Constitution, sera un jour ou l'autre, la risée de toute l'humanité.

    En ce qui concerne la langue, soit il faut abandonner le hongrois, comme il faudrait abandonner le français, pour la langue anglaise.

    Il y a encore une petite solution pour les plus courageux. L'espéranto comme langue mondiale. Les autres comme richesses humaines.

    Il serait temps que le gouvernement s'attache aux vrais problèmes des hongrois, et fasse les bons choix pour élargir l'audience de la Hongrie en europe centrale.

  5. Nudiworld, vous etes sérieux quand vous dites qu'il faut abandonner le hongrois pour l'anglais?

  6. Si vous lisez bien mon message, je fais la promotion de l'Espéranto, afin d'avoir le beurre et l'argent du beurre, c'est à dire une langue mondiale sans charge historique, tout en conservant les nombreuses langues, richesses de l'humanité.

  7. La langue est un trésor qui sert à véhiculer une civilisation . La respectabilité de ce "support"
    ne peut être garantie que par l' image que le peuple "titulaire" donne de lui même en se servant
    entre autre de sa langue , mais pas seulement .!
    Regardons "objectivement" ce qu'est devenue ...."la baraque sympatique"....pourtant pas glorieuse
    sous l' époque Kàdàr .? Un peuple triste et doutant de lui même ...! La langue de Kölcsey s'est
    reduite a un mot "PÈNZ" à n'importe quel prix .
    Nos pseudo - cousins, les Finnois ont une langue aussi " tordue" que la notre , mais quelle image !!!!! Leurs voisins Baltes ont vite exprimé leur appartenance culturelle (et lainguistique) aprés
    1989 .
    Nous ? On a quel "argument - image" à opposer à nos voisins ,? La magyar gàrda ???????
    Ce n' est pas dans la poche.................................

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