Enquête: un « deuil » un peu spécial
Il y a quelques jours, Corvin tető et Instant, deux des lieux les plus fréquentés des soirées budapestoises, ont annoncé qu'ils allaient fermer leurs portes pour une semaine, afin de rendre hommage aux victimes de la tragédie du West Balkan. Samedi 15 janvier, le club proche de Nyugati fut le théâtre d'une énorme bousculade qui coûta la vie à 3 jeunes filles. En réalité, cet "hommage" n'est qu'un prétexte servant à couvrir d'autres motifs moins louables.
Après l'accident de la semaine dernière, on se doutait que de nombreux clubs de la capitale hongroise allaient pâtir de contrôles plus fréquents et plus sévères quant à leur respect ou non des normes de sécurité (incendie, sorties de secours, etc.). Il parait très probable que certains d'entre eux ne respectent pas certaines de ces normes. Par exemple, le seul et unique escalier du Corvin tető est bien plus étroit que celui du West Balkan. Les élus n'ayant maintenant plus le choix, ils ne pourront pas ou plus se permettre de fermer les yeux sur de telles irrégularités.
C'est pourtant de leur propre initiative et prétextant vouloir rendre hommage aux victimes du West Balkan que deux des plus importants lieux nocturnes de la capitale hongroise, Corvin tető et Instant, ont décidé de ne pas ouvrir cette semaine. Une autre irrégularité en est la cause. Ces deux lieux ainsi que les différentes moutures du West Balkan (dont la plus célèbre incarnation fut du côté de Ulloi ut), et d'autres clubs à Budapest et en Hongrie, opèrent tous avec une licence de kávézó. Inutile de préciser que ces endroits sont très loin de ressembler à de traditionnels cafés. De plus, une licence de kávézó permet d'accueillir au maximum 300 personnes, ce qui est bien moins que le nombre de personnes se trouvant dans ces lieux en soirée. Pourtant, l'encadrement juridique de cette licence comporte certains points qui ont permis jusqu'à présent à ces clubs de fonctionner en tant que kávézó.
La raison pour laquelle les gérants des lieux concernés s'en inquiètent maintenant est simple. La personne se trouvant derrière le West Balkan était celui qui avait relevé il y a plusieurs années que juridiquement, il était possible de faire fonctionner un club avec une licence de kávézó, à cause d'une inexactitude dans la loi. Le gérant de WB, bien connu du monde des soirées, a ensuite enseigné la technique à d'autres gérants. L'avantage principal était que cette licence leur coûtait beaucoup moins cher qu'une autre plus appropriée.
Si le Corvin tető et Instant ont prétendu rendre hommage aux victimes, c'était en réalité pour se protéger et ne pas prendre le risque de continuer à fonctionner avec cette licence inadéquate, alors même que celui qui avait découvert l'entourloupe était entre les mains de la police, suite à la tragédie qui eut lieu dans son club. On ne sait toujours pas aujourd'hui si les deux clubs ouvriront de nouveau cette semaine comme prévu, comprendre: s'ils ont obtenu une licence leur étant plus adaptée.
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