A Budapest, le prix des bonnes résolutions écolos a un arrière-goût français
Par hu lala et Isma Hassaine - Poirier
Nouvelle année, nouvelles mesures et hausse des prix : environ +3 % pour l’eau potable, +19,5 % pour la taxe des eaux usées. L'eau, qui nous intéresse ici, n'est cependant pas la seule à voir augmenter son coût pour le consommateur hongrois : +5,27 % pour le ramassage des ordures ménagères, +3,8 % pour le ramonage des cheminées, et +3 % du loyer des logements appartenant à la ville de Budapest.
La raison invoquée pour la hausse spectaculaire du prix de l'eau et du traitement des eaux usées n'est autre que le coût de l’exploitation de la nouvelle station de traitement des eaux usées de Csepel (photo). Cette toute nouvelle structure a d'ailleurs accueilli, il y a un peu plus d'un mois, la conférence annuelle de la Charte de l'Environnement (initiée un an auparavant par la Chambre de Commerce et d'Industrie Franco-Hongroise).

Vue aérienne de la station d'épuration des eaux usées à Csepel, alors en construction en novembre 2009. Crédit photo : csepel.info
Parmi les 70 entreprises qui ont déjà signé cette Charte, figurent bien sûr les grandes compagnies françaises présentent en Hongrie, dont certaines n'ont pas hésité à se plaindre à Bruxelles au mois de décembre, concernant la fameuse taxe spéciale dont elles font l'objet. Selon l'édition en ligne du 5 janvier dernier du journal Les Echos, c'était notamment GDF - Suez qui avait ouvert la voie des réclamations auprès de l'Union Européenne : Le 10 décembre, dans un courrier adressé au commissaire européen à l'Energie, le vice-président de GDF Suez, Jean-François Cirelli, exprimait au nom de l'association Eurogas son « inquiétude grandissante » et son désaccord contre « les décisions dures et injustes prises à l'encontre des sociétés énergétiques » par le pouvoir en place à Budapest, a rapporté l'article.
Les taxes spéciales ne feront peut-être pas fuir les "multis" françaises si vite
Il y a exactement quatre ans, un des leaders de la construction en Hongrie, Hídépítő (erratum : ancienne filiale de VINCI), se félicitait d'avoir remporté trois contrats en Hongrie pour un montant total de plus de 300 millions d’euros, dont la ligne 4 du métro de Budapest et la fameuse station d'épuration de Csepel. Le second projet a, contrairement au premier, finalement vu le jour, et c'est tant mieux. La construction de la station s'est faite en groupement avec Degrémont (Suez) et OTV (Véolia). Quant à Vinci, seulement deux ans après le début de son aventure en Hongrie, le géant français a vite déchanté lorsque les négociations avec la société des transports publics de Budapest (BKV) se sont compliquées. On peut imaginer, surtout après avoir connu le scandale de corruption chez BKV l'an dernier, pourquoi Vinci a récupéré ses billes du métro 4 et a pris ses jambes à son cou un an auparavant.
Pour Suez et Véolia, la donne a certes changé depuis "la belle époque", avec l'arrivée du gouvernement conservateur de Viktor Orban en avril dernier, mais la réunion "en grandes pompes" pour la conférence annuelle de la Charte de l'environnement prouve qu'elles sont encore là, et bien là. A peine une quinzaine de jours avant d'aller se plaindre à Bruxelles, les représentants de Suez Environnement Degrémont et Véolia Sarpi étaient bien présents à Budapest, du côté de Csepel. Bien que Suez semble avoir de plus en plus de difficultés dans le contentieux qui l'oppose à la municipalité de Pécs (concernant la gestion de l'eau de la ville et de ses environs), elle n'a pas pour autant quitté la Hongrie. Et malgré "l'effet boomerang" du protectionnisme économique "nationaliste-socialiste" d'Orban, il n'est pas sûr que ce type d'entreprise pense sérieusement à abandonner le marché hongrois, qui leur a tant rapporté pendant des années par son dynamisme et ses besoins en infrastructures.
Source sur la conférence annuelle de la Charte de l'environnement en 2010 : lepetitjournal.com
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Et voilà .... Les Français réclament .... Les Hongrois doivent se plier ! Ha bon .... Et pourquoi donc ? Les Français n'en ont pas peu assez de faire les gendarmes de l'Europe à leur avantage ? S'ils veulent pleurnicher, qu'ils restent chez eux .... Et oui .... Attila 2, le retour
Bien à vous, et Bonne Année.
les francais... les francais... les multinationales donc certaines sont francaises plutot... ne refaisons pas le meme amalgame qu'avec le trianon ^_^ (replongez vous dans les livres d'histoires que le rapport avec la france n'est que geographique ( lieu du trianon) et non decisionnel (decisions du traite)
les francais eux veulent la liberte d'expression et le droit a l'avortement, en france comme en hongrie.
les francais veulent ne plus subir les lobbys des multinationales, en france comme en hongrie.
les francais ne seront pas les boucs emissaires des raccourcis faciles des simples d'esprit.
Attila (2),
Pas de problème me concernant pour les taxes spéciales, à l'exception qu'elles ne visent expressément que les sociétés non hongroises ! Ca s'appel tout simplement du protectionnisme, et si les français comme le reste de l'Europe suivaient cette voie, alors vous auriez bien du mal à exporter vos paprikas et votre aluminium Mal
Les taxes spéciales concernent toutes les structures visées mais, du fait du passé communiste de la Hongrie, il n'y a que des entreprises étrangères qui ont de grands empires coloniaux. Il n'y a donc qu'elles qui payent les taxes.
Donc, quand on parle de protectionisme pour ces entreprises, il s'agit de protectionisme des sociétés de l'ouest, qui savent bien se débrouiller pour rester les seules sur les marchés économiques.
Et comme la Hongrie est dans une passe économique difficile, il semble logique que tous les intervenants économiques contribuent à la hauteur de leurs poids. Ceux des multinationales est de plus en plus importants.
Je trouve même que la contribution est plus que modérée, surtout si on a présent à l'esprit les discours tenus pendant des décennies, sur radio free europe, puis avec le traité de Maastricht. Il serait temps que tous ces beaux parleurs concrétisent leurs promesses séculaires... en Hongrie... mais aussi en France... et ailleurs encore...
Oui, Nudiworld, tout à fait d'accord que la taxation des grandes entreprises est légitime (en France comme en Hongrie)... Ce n'est pas normal que les PME payent bien plus que ces multinationales, alors que ce sont elles qui font tourner notre économie. Plus de 95% des entreprises sont des PME
Vous pourriez un peu vérifier vos sources!!
Pour information, vinci ne détient plus de parts dans Hidépitö... depuis 2008
http://www.neurope.eu/articles/84718.php
Quand à l'augmentation du prix de l'eau liée à Csepel, ça demanderait un peu plus d'explications...
Merci Delphine d'avoir permis de clarifier un peu les choses.
Nous étions au courant du départ de Vinci, mais il était en effet important d'en parler ici.
Il est évident que Vinci communique mieux à son entrée sur un marché qu'à sa sortie.
Merci aussi pour votre lien (riche en "explications") vers ce portail riche de 150000 visites uniques par mois et de nombreux partenariats qui font honneur à son indépendance.
Enfin, concernant votre dernière remarque, vous avez l'air d'en savoir plus que vous ne le dites.
Travailleriez-vous pour l'une des entreprises dont parle l'article ? Si oui, seriez-vous prête à communiquer ?
Bien à vous, et à bientôt sur Hu-lala !