Aux armes et cætera…
Drôle de camp que celui qui a eu lieu dimanche à Mogyoród, dans la banlieue Nord-est de Budapest. On pouvait y voir des bambins crapahuter dès l’âge de 10 ans dans le froid et la neige fraîche, fusils-mitrailleur à la main (des répliques, fort heureusement !).
La jeunesse hongroise est trop molle, apathique, démotivée ? Il existe une solution : des stages de formation militaire ! Au programme : apprentissage de toutes les techniques militaires de la police et de la « Honvéd » (l’armée hongroise). Les meilleures recrues auront l’honneur et le privilège de devenir « Children Kommando ». Tenue camouflage, cheveux courts, progression dans la neige et la boue et exercices de tirs sont de rigueur, pour apprendre la discipline et les valeurs de l’armée.
C’est d’ailleurs une photo prise dans l’un de ces stages d’entraînements qui a valu au photographe du Népszabadsag, Arpad Kurucz, le premier prix de photojournalisme du 67è « Picture Of the Year International », cette année. Son explication personnelle de ce phénomène, publiée xxxx, mérite l’attention : Selon lui, ces stages à destination des enfants sont une réponse à la nostalgie de la conscription, qui n’a plus cours en Hongrie depuis 2004.
« Les camps militaires, les stages de survie sont devenus très en vogue dans le pays. », écrit l’auteur de la photo. En effet à Mogyoród, des stages de ce type se déroulent chaque été depuis 2005. Il est difficile de connaître le nombre d’enfants qui subissent de tels enseignements car ils ne sont pas encadrés par la loi hongroise et peuvent être organisés par n’importe qui. Dimanche, la journée de formation était organisée par un homme d’affaires hongrois.
« Pour certains il s’agit de grandeur militaire. Pour l’extrême-droite, cela fait partie de l’entraînement mental et physique nécessaire », dit le photographe. Cela ne surprend guère, en toile de fond de ces crapahutages, l’on trouve une idéologie d’extrême-droite.
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