Radar de l’Otan : Une issue de secours ?

Le projet d’implantation, dans le Sud de la Hongrie, d’un radar militaire de l’OTAN qui piétine depuis maintenant près d’une décennie, faute de site approprié, pourrait finalement trouver une issue…en Slovénie !

C’est Népszava, dans son édition quotidienne de mardi, qui a vendu la mèche : L’option actuellement étudiée par Budapest pour remplir ses engagements vis-à-vis de l’OTAN serait de « refiler la patate chaude », moyennant compensation, à la petite Slovénie distante de seulement quelques dizaines de kilomètres des sites initialement prévus. En échange, la Hongrie fournirait aux Slovènes des avions pour patrouiller leur espace aérien.

Interrogé sur M1 jeudi, le ministre hongrois de la défense, Csaba Hende, a confirmé les informations publiées par Népszava, précisant que transférer le projet en Slovénie était une alternative qui présentait des avantages et des inconvénients. A l’en croire, le gouvernement n’a pas encore arrêté de décision quant à un nouveau site pour le radar, mais Hende a promis que cela ne saurait tarder. Conscient que l’aspect environnemental doit être pris en considération pour ce choix, il a cependant prévenu que "La sécurité [militaire] du pays prévaudra sur tout le reste."

Selon Népszava, après que les deux sites précédemment proposés par le pouvoir central – les collines Zengö puis Tubes - aient été rejeté par la population locale, une autre option serait aussi envisagée : Implanter le radar sur la colline Harmashegy, dans les Monts Mecsek qui dominent Pécs. Le quotidien croit savoir que cette option aurait trouvé un consensus entre le gouvernement et les associations écologistes.

Retour sur un feuilleton interminable

Idéalement situé géographiquement, la Hongrie s’est engagée auprès de l’OTAN, au moment de son adhésion à cette organisation en 1999, à implanter un radar de surveillance de l’espace aérien du Sud-est de l’Europe. Les Monts Mecsek, proches de la frontière croate, semblaient l’endroit tout indiqué pour accueillir le projet militaire puisque culminant à quelques centaines de mètres et situés au Sud de la Hongrie, aux confins de l’Union européenne.

Mais dans une démocratie, les grands enjeux géopolitiques se télescopent parfois aux intérêts locaux. C’est ce qui s’est passé à Pécs où la population locale, craignant des nuisances environnementales ainsi que pour sa santé – Certains spécialistes estiment qu’un tel radar pourrait engendrer de graves problèmes de santé publique - s’est organisée en associations pour s’opposer au projet. Avec succès une première fois sous le premier gouvernement de droite de Viktor Orban, puis une seconde fois sous le gouvernement socialiste de Ferenc Gyurcsany.

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