Heureux comme un Hongrois au Canada

Quatre Hongrois, deux Japonais et un Russe sont au Canada. Que font-ils ? Ils assistent en touristes aux J.O de Vancouver… puis déposent une demande d’asile. L’information communiquée mardi par la chaîne canadienne CTV sonne comme une blague, mais ce n’en est pourtant pas une, à en croire les infos émanant des autorités canadiennes. Au pays des trappeurs, la Hongrie serait devenue numéro un dans le secteur des demandeurs d'asile. Hier, l'Immigration canadienne a même évoqué la révision de l'exemption de visas pour les touristes hongrois, qui semblent souvent prendre racine outre-atlantique.

Les athlètes hongrois n’ayant pas particulièrement brillés aux jeux olympiques d’hiver de Vancouver – ils sont rentrés bredouilles – ce sont leurs supporters qui ont entrepris de se distinguer. La demande d'asile des Japonais n’a pas fait un pli, sèchement balayée par le ministre canadien de l'Immigration, Jason Kenney, qui les a qualifiées de  "ridicules", justifiant que "Le Japon est une démocratie libérale où les droits de l'homme sont protégés". La Hongrie n’a, elle, pas eu l’honneur de se voir qualifier par le ministre canadien de « démocratie libérale où les droits de l'homme sont protégés ». Un peu plus nuancé dans son propos qu’en ce qui concerne les deux réfugiés nippons, il a avoué comprendre difficilement comment de « vrais » réfugiés pouvaient provenir de Hongrie, quand bien même il s’agit de citoyens d’origine Rom. "Bien que les gens aient différents défis à relever là-bas, il n'y a aucune preuve de persécution", a-t-il estimé.

Plus qu’une anecdote, une tendance de fond

Le nombre de demandes de réfugiés hongrois au Canada est passé à plus de 1350, près de cinq fois plus qu'en 2008, date à partir de laquelle Hongrois et Canadiens n'ont plus eu besoin de visas pour se rendre visite. Selon Richard Kurland, avocat au bureau de l’immigration de Vancouver, la demande d’asile des Roms est symptomatique de "l'abus du système d'accueil des réfugiés du Canada. […] Ils donnent une mauvaise réputation aux véritables réfugiés." L'an dernier le bureau de l'immigration a accepté 3 demandes d'asile en provenance de Hongrie, en a rejeté 5 autres et 250 ont été abandonnées avant le terme de la procédure. Selon Kurland, les demandeurs d'asile en provenance de Hongrie arrivent actuellement au Canada, au nombre de 200 par mois. A l’image de leurs athlètes, il y a donc peu de chance pour que les quatre compères Hongrois se voient récompensés de leur long voyage transatlantique.

La Hongrie n’est pas le seul pays où les Roms ont des envies de départ. Après une arrivée massive l’an passé de demandeurs d’asile de citoyenneté tchèque appartenant à la minorité rom, le Canada a rétablit l’obligation de visa pour les citoyens de la République tchèque. On peut comprendre leur démarche. Même si la réalité canadienne n’est pas l’eldorado espéré par les milliers de réfugiés qui s’y bousculent chaque année, sur le papier, le Canada a de quoi motiver à l’émigration même un citoyen d’un pays de l’Union Européenne comme la Hongrie. Avec 0.966, son Indice de développement humain (l’IDH, le meilleur indicateur de développement construit à ce jour) est le 4è plus élevé au monde, contre le 44è pour la Hongrie, avec 0.879. Son PIB par tête est exactement deux fois plus élevé, 38.000 US$ contre 19.000US$ (en parité de pouvoir d’achat).

Le précédent strasbourgeois

Il reste maintenant à savoir quelle attention va porter la presse et l’opinion publique hongroise à cette anecdote et comment elles vont l’interpréter. Car on se souvient du tohu bohu médiatique déchaîné en 2000 par la demande d’asile politique en France et de condamnation de la Hongrie devant la Cour européenne des droits de l’homme de la part de citoyens hongrois d'origine rom. En France, les Verts, le Parti Communiste, la Ligue Communiste Révolutionnaire, la Ligue des Droits de l’Homme, le MRAP, les Confédérations CGT et SUD, s’étaient organisés en Comité de soutien aux demandeurs d'asile. Un soutien qui avait soulevé l’indignation en Hongrie où s’étaient multipliées les déclarations incendiaires d’hommes politiques et les articles de presse qualifiant même parfois leurs compatriotes exilés de « traîtres au pays ».

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3 Réponses »

  1. bien bel article!!!!!!!!!

    les roms un peuple de "gens du voyage " qui ne se sentent nulle part chez eux certes, mais le Canada est une issue de secours bien illusoire.
    pourquoi les roms ne se tournent ils pas vers leurs racines : l'Inde , plus grande démocratie du monde qui plus est ???
    L' herbe est toujours plus verte ailleurs ou la neige plus blanche ....à méditer.

  2. Merci pour la remarque de Joznef qui aurait sans doute pu prendre sa carte au Jobbik.
    Si je suis son raisonnement, les épurations ethniques sont la solution du Monde. Si par hasard Joznef vous êtes d'origine hongroise vivant en France, pourquoi être en France alors que d'après votre logique, il aurait été plus logique pour vous de redevenir chasseur-cueilleur dans les contrées de l'Oural...

  3. JP évite de raisonnner tu te fais du mal !

    quant à ma prétendue attirance pour le jobbik sache que je ne cautionne en rien ce type de parti politique, rétrograde et nauséabond .

    a bon entendeur, szia

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