L’Ukraine repasse à l’Est
Mise à jour (Mardi 9/02, 13h) : Timochenko n’admet pas sa défaite : Malgré les conclusions de l’OSCE et de l’Union Européenne reconnaissant la victoire de Ianoukovitch, le camp de Ioulia Timochenko a dénoncé ce matin devant le parlement "une violation cynique de la loi ukrainienne par les équipes de Ianoukovitch, des pressions sur les électeurs et le déploiement d'un large arsenal de falsification par le Parti des régions. […] Par conséquent, le Bloc Timochenko annonce qu'il défendra devant les tribunaux ses droits et les droits de nos citoyens à des élections honnêtes et transparentes", a ajouté Sergueï Sobolev. A en croire le quotidien Ukrainska Pravda, Timochenko a assurée lundi qu'elle ne reconnaîtrait "jamais la légitimité de la victoire de Ianoukovitch dans de telles élections".
Mise à jour (21h) : L'OSCE a porté un coup très dur au clan Timochenko en qualifiant l'élection présidentielle ukrainienne de "transparente et honnête". L'Union Européenne a pris acte de la victoire de Ianoukovitch et se dit d'ores et déjà prête à travailler avec lui. Elle souhaite ainsi éviter un scénario comparable à celui de 2004 et une instabilité qui mettrait en danger ses approvisionnements en gaz russe.
Mise à jour (17h) : La victoire semble acquise pour Ianoukovitch. Il reste moins de 3% des bulletins à dépouiller et son avance est de 2,8%, de plus ces bulletins sont en Crimée, une région qui lui est favorable. Il a invité son adversaire, Ioulia Timochenko, à reconnaître sa défaite. Celle-ci a reporté une conférence de presse à demain.
Après le dépouillement de 80% des bulletins de vote, il semble que la 1er ministre Ioulia Timochenko, avec 45,66% des voix, ne soit plus en mesure de rattraper son rival Viktor Ianoukovitch, 48,67%, dans la course à la présidentielle en Ukraine.
Ce dernier, considéré comme pro-russe, a déjà proclamé sa victoire dimanche soir déclarant que "Le peuple a manifesté sa volonté de changement. Cette élection est la première étape vers l’unification du pays." Ioulia Timochenko de son côté n’a pas reconnu sa défaite. "Tant que le dernier bulletin n'est pas comptabilisé, il est impossible de parler de résultat quelconque. Je pense que l’Ukraine garde en mémoire un temps pas si éloigné ou les présidents n’étaient pas seulement déclarés mais aussi proclamés en tant que tels et félicités, mais soudain leur destin a basculé dramatiquement.", a-t-elle affirmé. Son camp dénonce des fraudes massives et agite le spectre d’une nouvelle "révolution orange".
Ioulia Timochenko, l’"égérie de la révolution orange", selon la formule consacrée et légèrement galvaudée, n’a donc finalement pas réussi à renverser la vapeur et à rattraper un retard de dix points sur son rival Ianoukovitch, au soir du premier tour, le 17 janvier. Elle avait promis de mettre au pas les requins qui ont profité de la chute de l’URSS et de la transition du communisme au capitalisme pour piller les ressources nationales et s’enrichir démesurément, les fameux « oligarques ». Pendant la campagne, Timochenko a traité Ianoukovitch de "lâche" et d’être leur "marionnette".
Une fin de campagne sous tension
Les dernières semaines de la campagne électorale se sont déroulées dans un climat très tendu, chaque camp accusant son rival de préparer des fraudes et des falsifications électorales pour lui voler sa victoire. Au cours de la campagne, Ioulia Timochenko a plusieurs fois brandi la menace de recourir à des manifestations semblables à celles de 2004, la fameuse "Révolution orange" qui avait contraint le pro-russe à rejouer un troisième tour qu’il avait finalement perdu contre le camp pro-européen emmenée par le tandem Iouchtchenko-Timochenko.
Ianoukovitch le russophile est soutenu par les magnats du gaz et son électorat est russophone, mais les liens entre lui et le Kremlin se sont beaucoup distendus ces dernières années et, contrairement aux élections de 2004, Moscou n’a pas officiellement misé sur un cheval. Ioulia Timochenko, soutenu par l’Ouest de l’Ukraine russophobe a, quant à elle, même opéré un virage stratégique vis-à-vis de Moscou, réduisant la distance entre elle et le pouvoir russe. Mais tous les deux se proclament en faveur d’une intégration de l’Ukraine dans l’Union Européenne, même si Timochenko le fai(sait) avec plus d’enthousiasme.
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D'après le quotidien Ukrainska Pravda, Timochenko elle-même a assuré lundi soir lors d'une réunion de son parti qu'elle ne reconnaîtrait "jamais la légitimité de la victoire de Ianoukovitch dans de telles élections".
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